Collège Des 7 Fontaines

Collège – Andouillé

Mayenne
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« Un écrivain, c’est comme un cuisinier qui a déjà goûté à plein de plats avant de cuisiner lui-même ».

Jeudi 29 mars, 16 élèves de la 6ème à la 3ème l’ont rencontré au CDI en visio…

« Je n’ai jamais encore écrit des romans de science-Fiction, j’aimerais aussi beaucoup écrire un thriller, moi qui aime tant Stephen King.

Je prends des notes un peu partout, avec le premier stylo qui me tombe sous la main, souvent sur des post-it. Ensuite j’écris sur un cahier de brouillon, et l’écriture du roman commence réellement à l’ordinateur.

Le moment de la journée que je préfère pour écrire est l’après-midi car j’affectionne la lumière du jour, mais comme je travaille, c’est rarement possible. Alors j’écris le soir, presque tous les soirs, pendant une heure, une heure et demie.

Mais je n’écris pas le soir juste avant de me coucher, je préfère lire, je préfère me nourrir. Parfois la nuit quand je me réveille, si je me laisse porter par une intrigue, il m’arrive de penser « oui, je pourrais orienter le destin de ce personnage de cette façon… »

Quel est le roman que vous avez écrit qui vous a le plus touché ?

C’est sans aucun doute Le cercueil à roulettes. Je me suis complètement identifié au personnage de Gabriel. J’étais tellement à l’intérieur de lui que j’avais parfois la chair de poule en écrivant, même des frissons. Cela avait beau être de la fiction, à plusieurs reprises, face à mon ordinateur, j’ai pleuré en écrivant.

J’aime m’identifier à mes personnages, les bons comme les méchants.

Actuellement, je suis en train d’écrire un nouveau roman, j’en corrige un autre, mon éditeur est en train de choisir un illustrateur pour un troisième. J’ai des idées pour en écrire une dizaine d’autres!

J’aime chercher des images, des métaphores, c’est un bonheur d’écrire. C’est une si belle aventure !

Quand un éditeur refuse un de mes romans, c’est dur. C’est comme si on te mettait un zéro, alors que toi tu penses que tu as bien travaillé, c’est violent, tu reçois un gros « boum ». C’est comme si on te fermait la porte et qu’on te disait « tu n’entres pas » …Mais tu peux aussi essayer de rentrer par une autre porte.

Je n’ai encore jamais écrit de romans pour adultes. J’ai écrit des albums pour les tout-petits et des romans de littérature jeunesse. J’aime nourrir les enfants.

Une de mes plus grandes joies d’écrivain est d’avoir publié Bande de poètes, un roman écrit intégralement en vers et en rimes.

Il m’a fallu trois mois par exemple pour écrire Le goût sucré de la peur, sans me relire, un mois pour me relire, un mois pour qu’une amie me relise, et ensuite quatre mois d’échanges avec l’éditeur. En général il faut environ un an depuis le début de l’écriture des premières pages jusqu’à la publication.

J’ai une immense bibliothèque. Je vous en fais voir une partie, regardez les rayonnages dans la pièce où je me trouve…pour écrire, il faut déjà avoir des histoires dans la tête. Un écrivain, c’est comme un cuisinier qui a déjà goûté à plein de plats avant de cuisiner lui-même. Quand il goûte, il se dit par exemple : « Qu’est-ce que cette épice a du goût ! C’était quoi cette épice? »

En ce moment je me régale avec Colette. Mon livre préféré ? Il s’agit de Le poids du papillon, de Erri de Luca, c’est un roman très court, qui raconte une histoire simple, et pourtant, je l’ai lu relu et le relirai encore, c’est un véritable petit bijoux. J’aime que les livres soient des trucs dingues qui me bouleversent, je veux que la littérature me secoue !

J’ai deux passions : l’écriture et mon métier de professeur de Français en collège. Je n’ai pas envie de délaisser l’une au profit de l’autre. J’enseigne en 5ème et en 3ème.

J’ai commencé à écrire vers 40 ans. Avant je ne pensais pas du tout à l’écriture. Par contre, je lisais énormément. Comment ai-je commencé à écrire ? En improvisant une histoire pour ma fille qui était toute petite. Cette histoire s’appelait Petit lapin rêve de gloire, c’est devenu un album en 2013.

J’ai écrit une vingtaine d’ouvrages, une dizaine de romans destinés à des lecteurs de votre âge, ainsi qu’une dizaine d’albums qui s’adressent à des petits de 7/8 ans.

Un de mes plus grand bonheurs d’écrivain, c’est le jour où un éditeur a accepté de publier mon premier roman : Le goût sucré de la peur. Un premier éditeur l’avait refusé mais m’avait conseillé de contacter l’éditeur Magnard : il a effectivement dit oui !

Je ne choisis jamais l’illustrateur, c’est le travail de l’éditeur. Ce dernier me contacte et me demande : « on a pensé à cet illustrateur pour votre roman, qu’en pensez-vous ? » Chaque illustration est comme un cadeau que je reçois. C’est un truc de fou, un peu comme si on t’offrait un dessin.

Est-ce qu’il y a des choses vraies dans Le goût sucré de la peur ? Oui, la vieille maison de la première de couverture existe bel et bien, elle est située à un kilomètre de mon habitation, je passe devant tous les jours. Nous avons nous aussi un renard qui s’introduit clandestinement dans notre jardin.

Dans Jonas dans le ventre de la nuit, j’ai choisi d’inclure le vieil âne blanc tout près de chez nous, nous l’avons baptisé Sorgho. Je me suis aussi inspiré des paysages qui nous entourent. Aloyse est un prénom qui existe, c’est celui d’un garagiste que je connais, je l’avais trouvé si original.

Quand au personnage de Nine dans Des vacances d’Apache, et bien  … Lorsque j’étais étudiant, j’avais moi aussi les cheveux bleus ! Et je pense que plus tard, je risque de devenir un grand-père aussi excentrique que mon héro Marcel Miluche !

(Question exclusivement réservée aux fans) : possédez-vous une collection de nœuds papillon ?

Et oui ! Je vous en montre une partie. Je me suis toujours habillé de façon classique. Un jour j’ai voulu m’offrir une belle cravate à Paris, impossible d’en trouver une qui me plaisait. Mais j’ai trouvé un beau nœud papillon original. J’ai osé en porter un au collège. Ce qui est étrange, c’est que jamais je n’ai eu une seule réflexion sur mes nœuds papillon ni de la part de mes collègues, ni de la part des élèves. Par contre on m’en fait quand je n’en porte pas ! «Alors Monsieur vous n’avez pas mis de nœud papillon aujourd’hui?! »